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LUKA MODRIC, BALLON D’OR PAR DEFAUT?

LUKA MODRIC les a tous attrapés, du moins presque. A la manière d’un Sacha, d’un Sauron voire d’un Thanos, LUKA le bien-nommé( à pas confondre avec la nouvelle perle du basket international Luka Doncic) a laissé la récompense ultime du football international, la Coupe du Monde de Football. Je vois d’ici là sortir de leurs ornières les ardents défenseurs de la Champions League comme plus grande compétition footballistique.

Certes au niveau de la densité des talents, de la compétitivité , de la fluidité, on peut difficilement faire mieux la Champions League; mais la Coupe du Monde au foot reste le pinacle tout comme la Coupe Davis ou un trophée olympique au basketball. Questionnez El Manu Ginobili s’il donne plus de valeurs à ses trophées NBA ou titre olympique en terrassant la TEAM USA en 2004. De même, Djokovic devient véritablement le Joker en terrassant de vrais mousquetaires en 2010. Les compétitions de club, c’est le professionnalisme et l’élitisme au quotidien.

Les compétitions internationales apportent un supplément d’âme et mettent en jeu les émotions primaires d’un sentiment d’appartenance à une communauté. Elles font et défont les réputations( Thiago Silva en est la parfaite illustration). Les grands joueurs se définissent en club mais les légendes se construisent lors des Euros ou des Coupes du Monde. Dans tous les cas, Modric a particulièrement été brillant sur les 2 tableaux et méritait amplement d’être cité parmi les potentiels vainqueurs du Ballon d’Or. Cependant, cet unanimisme est-il logique? Le méritait-il vraiment?

MODRIC AURAIT PU NE PAS GAGNER LE BALLON D’OR

Les modalités des votes ont changé. Les capitaines et les sélectionneurs ne font plus partie du scrutin. Cependant, comment expliquer que les saisons magnifiques 2010 avec un triplé pour Sneijder additionné à une finale de Coupe du Monde, l’année 2006 de Gianluigi Buffon, la saison 2013 du quadruplé du duo Robbery( Ribéry-Robben), les saisons 2010,2012 d’Andrès Iniesta, l’Allemagne victorieuse en 2014 non récompensée ou encore le duo Varane-Griezmann après cette saison où ils ont tout amassé.
Ce vote du Ballon d’Or a un arrière-goût de Gilets Jaunes niveau débat. Les prises de position en soi pour Luka Modric sont compréhensibles mais prendre position pour un autre joueur en ce moment relève du parcours du combattant.

Le football des clubs veut prendre le pouvoir

La victoire de Modric c’est surtout  la traduction d’un football de clubs européens qui prend déjà le pas sur le football de nations. Certes il emmène son équipe en finale de Coupe du Monde mais c’est sa saison en CHAMPIONS LEAGUE qui est récompensée avec une 3ème Ligue des Champions d’affiliée. La folie hier autour de la rencontre de Bernabeu nous rappelle que le football est un sport d’abord extra-européen, que la FIFA n’est pas destinée à être une colonie de l’UEFA.
Lorsque les gamins débutent le foot à Téhéran, Bondy, Tel-Aviv ou à Yamoussoukro, ils rêvent au plus profond de leur coeur de soulever la Coupe du monde de Football. Soulever la Champions League veut juste dire être dans l’une des équipes les plus talentueuses d’Europe. La preuve, Djibril Cissé et Djimi Traoré en ont soulevé une. Gagner une Coupe du Monde, c’est mener sa nation au sommet du football mondial.
Le Football des Nations nous éloigne du Foot-business attaqué de toutes parts depuis des années et notamment les FootballLeaks qui mettent en exergue les arrangements, les travers voire les dérives dans le milieu du football professionnel.

Le casier judiciaire entrouvert de Luka Modric

De ce point de vue, de même qu’un sondage créditait les Bleus de Deschamps d’une opinion favorable à hauteur de 46% avant la Coupe du Monde, Luka Modric, nouvelle figure du Football Dream, gamin ayant fui les bombardements de l’OTAN en 1991 à mégastar internationale, divisait l’opinion de part ses soucis judiciaires. Près de la moitié de l’opinion interrogée souhaitait d’ailleurs qu’il ne participe pas à la Coupe du Monde.
D’ailleurs, à la suite de son Ballon d’Or, Luka Modric voit les poursuites en son encontre enterrées par le ministère croate. Par ailleurs, petite habitude chez les gros clubs espagnols, Modric avait dû s’arranger avec le fisc au mois de Septembre.

Un format de vote à modifier assurément

Modric a été déclaré vainqueur de manière incontestable. Près de 300 points d’écart avec la seconde place de Cristiano Ronaldo(287 points exactement), 79 fois cité en tête des votants, la victoire de Modric ne faisait apparemment aucun doute. Mais alors, d’où provient ces questionnements sur la légitimité du vainqueur. Les votes fantaisistes de certains pays laissent à penser qu’une bonne idée serait d’effectuer un scrutin à plusieurs tours. Un 1er tour pour écrémer et éliminer la dispersion des votes et un second tour pour choisir éventuellement parmi le Top 5.
Et prière de sélectionner des journalistes sérieux et référencés. Rien contre le compatriote camerounais qui explique que Griezmann n’est pas spectaculaire et ne parle pas à l’aficionado camerounais. faudrait peut-être évaluer le suivi des résultats des grands championnats par ces journalistes d’où qu’ils viennent. Le problème depuis 10 ans, c’est l’expansion de BeIN Sport qui n’a profité qu’à la Liga essentiellement . La Liga a ainsi plus de visibilité que la Bundesliga ou la Premier League transformant la course du Ballon d’Or à un trophée Perez/Bartomeu .

L’homme fort Real c’était CR7

Si cette attaque de Zlatan Ibrahimovic ressemble à une vengeance du clan Raiola ou une contestation du talent de Cristiano Ronaldo, reste-t-il que certaines récompenses attribuées cette saison à Luka Modric sont pour le moins étonnantes. Passons sur le trophée de meilleur joueur de la Coupe du Monde que j’aurais personnellement attribué à hasard vu l’opposition à laquelle il a dû faire face. Le titre de meilleur joueur européen de l’année quand on sait que CR7 a marqué 15 des 38 buts du Real dans cette compétition, a inscrit 26 buts en Championnat sur 27 matchs joués. Les pro Modric argueront qu’il n’a pas été décisif sur les demi-finales et la finale. On serait tenté de leur répondre de refiler le Ballon d’Or à Benzema et ses 12 buts TCC(compétitions confondues) ou Gareth Bale, l’auteur du doublé miracle face à Liverpool en finale. Et comment oublier la prestation de Keylor Navas, de l’impact de Marcelo, Casemiro, Isco, Vazquez, Asensio, Varane, Carvajal. D’ailleurs, l’absence de CR7 se fait ressentir même si être à 5 points du FC Barcelone avec tous ses changements d’entraîneur est sans doute un moindre mal pour la Casa Blanca.

Modric trop peu décisif

Beaucoup d’observateurs louent la récompense du Ballon d’Or de Modric comme étant une alternative à l’individualisme, à la course aux chiffres. Ce serait la victoire du collectif et l’éloge du beau jeu, du beau geste, du leadership. Reste que les sports collectifs sont des sports de chiffres. Tous les joueurs oubliés ces dernières décennies avaient soit tout remportés collectivement soit avaient été non seulement des métronomes toute la saison durant en club ou sélection mais aussi des éléments décisifs dans les quêtes de ces succès. Xavi, Iniesta, Sneijder, Neuer, Müller, Ribéry, Robben, Buffon, Lampard, Gerrard ont tous à des moments-clés de la saison fait pencher la balance.
On ne peut certes résumer le football à des chiffres mais 2 buts 8 passes décisives sur 43 matchs en n’étant pas le meilleur joueur en club c’est trop peu pour certains.

Reste-t-il que cette année, l’absence d’une figure tutélaire au sein de l’effectif français ou le manque de charisme d’un Griezmann dans un Atletico aussi spectaculaire que l’équipe de France aura desservi les chances françaises. Sapoudré à la sauce lobbying Real Madrid, club qui fait les Ballons d’Or et soutien total du vestiaire madrilène auprès de Modric.
Même au sein de cette aventure croate où il tient son équipe comme un marionnettiste avec ses pantins, l’éclair est toujours venu d’un Mandzukic, Perisic, Rebic ou d’un miracle de Subasic(c’est dire à quel point c’est miraculeux d’ailleurs).

 

LUKA  MERITE AMPLEMENT LE BALLON D’OR

Luka Modric a gagné le trophée ultime en club pour la 4ème fois en 5 ans, la Champions League. C’est le maestro, gestionnaire du tempo des désormais triple champions d’Europe en titre, constant à très haut niveau depuis 5 ans. C’est donc l’un des cadres essentiels de la plus grande équipe européenne de ces dernières années. C’est aussi et surtout le leader, le patron d’une équipe croate qui souvent déçu ces dernières années en compétitions internationales. Son leadership, sa vista, ses performances au sein de la sélection surprise et peut-être la plus passionnante à suivre de la Coupe du Monde lui valent aussi tous les honneurs.

Luka Modric c’est la victoire du football de la base

C’est la victoire de la passe, du dévouement, du travail de l’ombre, de la persévérance, du leadership et l’éloge du collectif. C’est une récompense pour l’école croate héritière des Savicevic, Prosinecki, Boban, Suker ou encore Alen Boksic. C’est même une récompense pour le football des balkans un peu en perdition niveau club ces dernières années. C’est la victoire des valeurs fondamentales du Football( du moins sur le terrain).
Modric, c’est l’antistar. C’est le chouchou des spécialistes et des connaisseurs. C’est le Ballon d’Or dédicacé aux métronomes, créateurs de jeu, initiateurs d’attaque qu’ont été les Sneijder, Xavi, Iniesta, Gerrard, Pirlo, Lampard. C’est la prime à l’influence dans le jeu sur l’impact dessiné par les chiffres.

Maestro d’une nouvelle génération dorée croate

Récompenser Luka Modric, c’est remercier le fotball croate non seulement pour cette aventure à la Coupe du Monde avec des scénarios haletants à suspens mais aussi pour tout leur apport depuis 25 ans. C’est un hommage aux Boban, Prosinecki, Alen Boksic, Davor Suker voire Dado Prso( c’est pour la blague).  C’est la victoire d’une génération trop malheureuse malgré de belles impressions laissées tout au long de ses parcours que ce soit à l’Euro 2008, 2016 ou lors du Mondial 2014. C’est aussi un trophée pour Rakitic, Brozovic, Kovacic, Perisic, Mandzukic qui ont de formidables carrières mais souffrent du peu de réconnaissance de part leur nationalité.

Indiscutable au niveau des chiffres

287 points d’avance sur le 2nd, 79 fois cité en premier, victoire sur tous les continents. La victoire de Modric souffre statistiquement de peu de débats. Nommé joueur UEFA de l’année, meilleur joueur du mondial, vainqueur du trophée The Best, il lui aura manqué en dernier ressort que le trophée de la Coupe du Monde. L’absence de concurrence avec l’élimination prématurée du Portugal et de l’Argentine couplée à la forte densité des leaders chez les Bleus(ou l’absence de leadership ou de figure) aura penché en son sens.

conclusion

On pourra continuer à débattre longtemps sur des si mais Modric a déjà marqué l’histoire à sa façon tout comme Cannavaro en 2006, Nedved en 2003, Rivaldo en 1999, Figo en 2000, Michael Owen en 2001, Messi en 2010. Luka Modric est le BALLON D’OR 2018 et c’est inscrit dans le marbre. Il restera dans l’histoire comme celui qui aura marqué la fin de l’hégémonie Messi-Cristiano Ronaldo. Beaucoup auraient aimé voir le Ballon d’Or en année de coupe du monde donner de l’amplitude aux vainqueurs. On aurait certainement souhaité voir un Varane enfin mature dans son jeu soulevé ce trophée et suivre les traces des Sammer, Matthaus, Cannavaro. On aurait souhaité voir Griezmann remporter ce trophée récompensant sa générosité et sa fidélité par la même occasion à la fois au maillot bleu mais aussi à celui de l’Atletico. Ce n’est que partie remise. Qui sait? Avec un peu de chance, le Ballon d’Or à défaut d’être français pourrait venir de France.

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