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Saint-Valentin ou Champions League : Amour de presse

On y est. C’est jour de moisson. Fini les provocations par voie de presse, les débats à la rallonge, c’est l’heure de vérité pour tous les grands clubs européens et particulièrement pour le Paris Saint-Germain en cette année de coupe du Monde en terme de marketing, de visibilité et statut. C’est l’occasion de marquer les esprits pour Neymar et valider l’orientation du projet de QSI. C’est la Saint-Valentin mais c’est surtout, hormis pour un îlot d’amateurs de foot portugais qui seront transis devant Liverpool-Porto, C’EST REAL MADRID – PARIS SAINT GERMAIN : duel de stars, de super-riches, de projet. Peut-être le début d’une nouvelle ère anglo-parisienne au sommet de l’Europe et la fin de l’hégémonie espagnole.

 Reprise de la Ligue Des Champions…

Le doux parfum de Champions League est donc de retour, les enjeux à la fois économique, sportif et de prestige aussi. En ce jour de Saint-Valentin, cette première partie du show a déjà été mémorable. Comme prévu, la Shark Team Manchester City de Guardiola a piétiné sur les pauvres petits suisses de Bâle sans forcer son talent qui plus est. A Turin, c’était les duels tant attendus entre la puissance émergente Tottenham face à la vieille garde de la Juventus mais aussi un duel de technicien Allegri-Pochettino, Lloris-Buffon pour les gardiens du temple mais aussi et surtout comme l’ont vendu les presses un duel de buteurs le nouveau prince Harry Kane de la perfide Albion vs Pipita Higuain. Pour autant le grand vainqueur de la soirée a été Moussa Dembélé. Le milieu belge dont on n’a jamais su quel était le poste idoine a montré à Rabiot ce qu’il pourrait devenir et à Pogba ce qu’il devrait faire vu les similitudes dans leur physique, technique et polyvalence en rayonnat sur le jeu des spurs au contraire du transfuge parisien aka ex-meilleur latéral opta du monde. Ont été aussi mis en exergue les limites de Gonzalo Higuain pour atteindre le statut d’attaquant de classe mondiale avec deux occasions de faire un véritable break à la fois au niveau du scoring mais aussi dans le mental des Spurs se sont encore peut-être confirmés tandis que le prince anglais a confirmé le retour d’un serial buteur de niveau international dans les rangs des Lions, le 1er depuis Alan Shearer.

…Dans un contexte toujours aussi surprenant !

La question du jour n’est pas de revenir sur un débat entre le niveaux des 2 clubs, reparler du duel tactique Allegri-Pochettino, de la balance pour une éventuelle qualification. En se penchant sur les revues de presse respectives des 2 pays les semaines précédant la rencontre, il se dégage un sentiment de fierté national, soutien inconditionnel, sans pour autant sombrer dans le fanatisme envers le club local, un sentiment de chauvinisme ambiant. Ça passe par une campagne de presse valorisant le club, des interviews récurrentes de légendes pour magnifier la grandeur des clubs, les qualités du manager, la solidité du projet.

Etrangement, côté madrilène, le procédé a été identique. Le capitaine Ramos qui proclame l’union sacrée avec les supporters en leur donnant rendez-vous afin d’enflammer les ruelles façon turque, parle d’une double confrontation pour sauver la saison, interview de Ronaldo le fenomeno qui affirme dans les médias espagnols que son coeur est à Madrid et Neymar s’est fourvoyé en signant en Ligue 1. On a même eu des témoignages des légendes Beckham, Heynckes et tant d’autres anciens de la maison blanche qui étrangement vantaient la tradition victorieuse madrilène. Must du must, la sortie de Xavi sur la nécessité des joueurs français de jouer en Liga pour dépasser le cap d’un Thierry Henry par exemple ou comment le modèle Zidane l’inspire.

Le pire c’est qu’on invite ces mêmes critiques pour des médias français dans la foulée pour nous faire des interviews langue de bois sur le projet parisien, Mbappé et Neymar. Même le lyonnais Mariano Diaz a fait sa sortie pro-madrilène dans Marca sans s’être mangé des « gifles » ou être repris par quiconque dans nos médias.

En France, pas de communication offensive que ce soit de la part du PSG et des médias locaux. Pas de questionnement sur un banc de touche madrilène qui ronge son frein, du conflit avec les Isco et Kovacic, point de questionnement sur un mercato définitivement en échec cette année. Pas de rumeurs de transfert sur un Isco, Kroos pour mettre un peu d’ambiance dans leur vestiaire, le positionnement de la légende Guti sur son attente d’un futur coup de fil de Florentino Pérez. Est-ce la culture de la gagne inexistante en France qui nous empêche de tancer des clubs ennemis sous prétexte qu’ils emploient des ressortissants français ? Elle est passée où notre fierté nationale à l’heure d’affronter le symbole du football espagnol ?

La culture de la « lose » à la française

Ce serait l’heure de laisser à la Provence le bénéfice des critiques du projet parisien vue la rivalité artificielle qui perdure entre les clubs. C’est le moment de donner une nouvelle visibilité au sport français.  Le côté trop gentil du nouveau riche qui encaisse les coups et les invectives des copains pour s’intégrer au club des aristocrates. Ce positionnement a généré des débats sur l’intérêt national et le statut de porte-flambeau du PSG. Depuis quelques semaines déjà et encore plus, à l’approche du grand rendez-vous du PSG version Neymar face à l’ogre madrilène, les langues se délient face à la ligne éditoriale du seul quotidien sportif français L’Équipe… S’en suit des prises de position sanglantes dans le milieu sportif sur le positionnement du seul quotidien national face à l’ogre madrilène. Hier encore, le Real Madrid avait droit dans L’ÉQUIPE à un focus sur la communication de Zinedine Zidane et un portrait de Karim Benzema. On veut bien croire que le but n’est pas nécessairement de rappeler son existence à l’entourage de Deschamps et à la mémoire collective mais de là à voir germer une théorie du complot… Ce week-end le journal s’est pourtant fendu d’un édito ironique sur la vision « parisianesque » lorsqu’il s’agit de préparer les rendez-vous des clubs français.

C’est tout de même étrange que tous les clubs français traditionnels majeurs qui forment la P2M (Paris, Monaco, Marseille) se sentent souvent traités plutôt de manière singulière. On remet notamment en question leurs financement, leur pérennité, leurs projets toujours avec beaucoup d’interrogations. Et ce malgré les résultats du moins à l’échelle nationale plutôt satisfaisants. Concernant particulièrement le PSG, on se focalise souvent sur le financement gazeux qatari, les clans dans le vestiaire, les anniversaires. Les rumeurs propagées par la presse étrangère sont même relayées. L’interview de Marcelo qui affirme que Neymar signera un jour au Real, l’accord déjà existant d’un départ de Neymar pour la Casa Blanca dans le cadre d’un échange avec CR7 font partie des breaking news sur le site du seul quotidien sportif français.

Un retour au chauvinisme. Vite.

Les leçons de la pré-remontada n’ont donc pas été retenues et on mine le moral si non des joueurs mais des supporters. C’est peut-être soit la preuve d’une absence de chauvinisme soit de ce sentiment xénophobe ou du moins d’entre-nous limite rugbistique ressenti à la fois par les repreneurs et les entraineurs étrangers de jamais être acceptés au final par une certaine frange de l’écosystème football. La France préfère donc perdre si ses représentants ne ressemblent pas  à Fourcade, Bescond, Lavillenie, Pouille ? On préfère apparemment un quinze de la « lose » qui nous ressemble –et encore– à une Dream Team qatari made in France ?

Pendant ce temps, ce sont les mêmes qui sont fascinés par les milliardaires de la Premier League et des endettés de la Liga. Y a qu’à voir les débats infinis engendrés par un Marcelo Bielsa, les turpitudes de Leonardo Jardim, l’ironie sur les projets McCourt et monégasque. C’est peut-être un sentiment mais reste-t-il que les pavillons lyonnais, stéphanois semblent être épargnés médiatiquement alors qu’on fêtera les six ans sans trophée de l’Olympique Lyonnais par exemple !

Le véritable débat ce n’est pas la notion de soutien mais plutôt la sanctification récurrente des clubs étrangers au moment d’affronter des clubs français. Que ce soit comme par hasard Zidane, Benzema ou Varane en face, pas de presse favorable. Dans l’intérêt du sport français, ils doivent gagner la porte. Cette dialectique va même au-delà du foot. Rappelez-vous des articles de presse avant La remontada, la finale de Coupe Davis face à la Suisse où on avait l’impression de jouer en Suisse tant Wawrinka et Federer sont peut-être plus appréciés dans le tennis français que les mousquetaires…

Pour finir…

Toujours est-il qu’il y a un match à jouer et comme le retorquent les journalistes, ce sont les joueurs qui sont sur le terrain. Par esprit chauvin, voici quelques raisons peu objectives de soutenir une victoire du PSG ou du moins pas perdre au Bernabeu histoire d’avoir de quoi faire un papier dans 3 semaines:

  • Le Real est juste à 17 points du Barcelona.
  • Keylor Navas n’est bon que sur tirs aux buts.
  • Nacho Vidal est aussi un acteur de film de genre qui tient pas 90 mn.
  • Varane est toujours au bord d’une contracture.
  • Marcelo c’est le comique Fabrice Eboué cette saison.
  • Benzema a moins de buts que Nolan Roux. C’est Mark Landers qui se veut Ben Becker.
  • Asensio, le meilleur jeune de l’univers, est sur le banc.
  • Pour garder le sel et aggrémenter notre quotidien dans le football français sachant que le championnat n’offre plus de suspens. C’est une cause nationale.
  • Faut bien que Zidane connaisse enfin une crise dans sa vie professionnelle et redevienne humain.
  • Le monde a besoin d’un autre Ballon d’Or. Harry Kane n’ira pas loin en Coupe du Monde et le Brésil fera sûrement le dernier carré. L’histoire voudra donc qu’il fasse une campagne mémorable de Champions League.
  • L’image de la Ligue 1 en sera magnifiée. Les recettes seront plus importantes, les jeunes belges, néerlandais arrêteront d’aller se perdre en Turquie, seconde zone Angleterre, au Portugal et se révèleront à Lyon, Marseille,  ou Monaco.
  • L’exemple sera donné à Marseille, Nice et Lyon pour s’affirmer en coupe d’Europe !

Le chauvinisme vous manque ? Partagez cet article ! Développons la culture foot.

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